Apprendre à utiliser un smartphone après 60 ans : par où commencer
Le téléphone est là, sur la table. Offert par vos enfants ou acheté il y a trois mois, il sert à deux choses : décrocher et raccrocher. Ce n’est pas une affaire de génération — le baromètre du numérique de l’Arcep, publié en février 2026, recense 91 % de la population équipée d’un smartphone. C’est une affaire de démarrage : personne ne vous a montré les quelques gestes qui rendent l’appareil confortable. Voici l’ordre dans lequel les prendre, et les endroits où l’on vous aidera gratuitement quand ça coincera.
Réglez l’appareil avant de chercher à vous en servir
Un téléphone sorti de sa boîte est configuré pour un œil de vingt-cinq ans et des doigts pressés. Une heure de réglages vous évitera six mois d’agacement.
Commencez par les caractères. Sur Android, l’assistance Google distingue deux curseurs que l’on confond souvent : « Taille de la police », qui agit sur le texte, et « Taille d’affichage », qui agrandit aussi les icônes et les boutons. Poussez les deux, jusqu’à 200 % si le confort y gagne. Sur iPhone, la même chose se trouve dans les Réglages, à la rubrique Accessibilité. Deuxième réglage : la mise en veille de l’écran. D’usine, il s’éteint au bout de trente secondes, en général au moment précis où vous cherchez le bon bouton. Passez-le à deux minutes.
Enregistrez ensuite vos contacts avec leur photo : reconnaître un visage demande moins d’effort que de lire un nom sur un écran lumineux. Montez le volume de la sonnerie, et activez la vibration. Enfin, choisissez un code de déverrouillage que vous notez sur un papier rangé chez vous, pas dans le téléphone. Si l’appareil résiste malgré tout à ces réglages, le problème vient peut-être du modèle : nous avons détaillé ailleurs ce qui distingue vraiment les téléphones dits simples des smartphones ordinaires.
Un usage nouveau par semaine, et pas deux
L’erreur classique consiste à tout vouloir d’un coup, encouragé par un petit-fils qui installe quinze applications en dix minutes. Un smartphone s’apprend comme une ville : un quartier à la fois.
Semaine un, les messages écrits. Repérez au passage le petit micro du clavier : il transforme votre voix en texte, et c’est le raccourci le plus utile qui soit quand les touches paraissent minuscules. Semaine deux, la visio, qui est souvent la vraie raison d’avoir accepté ce téléphone — c’est elle qui change la donne quand il s’agit de garder un lien vivant avec des petits-enfants installés loin. Semaine trois, l’appareil photo et l’envoi d’une image. Semaine quatre seulement, les usages administratifs ou pratiques : présenter un billet sur l’écran plutôt qu’au guichet, par exemple, quand vous voyagez avec votre carte de réduction SNCF.
Une règle vaut pour chacune de ces semaines : refaites le geste trois jours de suite. Un geste montré une fois s’oublie, un geste répété trois fois reste.
Faites-vous accompagner, c’est gratuit et c’est près de chez vous
Personne n’apprend seul, et il n’y a aucune raison de payer. Le réseau public des conseillers numériques propose des rendez-vous individuels comme des ateliers collectifs, sur l’usage des appareils, la communication en ligne, la sécurité ou les achats sur internet ; le dispositif revendique 4,5 millions d’accompagnements depuis son lancement en 2021. Pour trouver le lieu le plus proche, la cartographie nationale des lieux d’inclusion numérique se filtre par besoin, par public et par disponibilité.
Les maisons France Services sont l’autre porte d’entrée : l’Agence nationale de la cohésion des territoires en recense plus de 2 800, avec l’engagement d’en avoir une à moins de vingt minutes de chez soi, et douze opérateurs nationaux y sont représentés. Enfin, si une démarche vous dépasse franchement, sachez qu’un agent habilité peut la faire à votre place en toute légalité grâce au dispositif Aidants Connect, après signature d’un mandat. Attention : il s’adresse aux professionnels, pas à un voisin serviable ni à un enfant.
Ce qui fait vraiment abandonner un téléphone
Ce n’est presque jamais la complexité. C’est le jour de fatigue où un message vous presse d’agir tout de suite, où vous cliquez, et où la confiance se brise d’un coup. Le réflexe à installer dès la première semaine tient en une phrase : un message urgent se repose, il ne se traite pas. Nos réflexes contre les arnaques en ligne tiennent en cinq minutes de lecture, et ils valent d’être lus avant le premier incident plutôt qu’après.
Le reste viendra tout seul. Prenez rendez-vous cette semaine avec un conseiller numérique, venez avec votre téléphone et une liste de trois questions écrites sur un papier. C’est le meilleur quart d’heure que vous passerez avec cet appareil.
Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
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